Salut, le p'tit monde
Deux articles en une heure. Wahou... Jamais vu ça sur Iamthelife's blog. Ben... figurez-vous que, d'un seul coup, j'ai eu envie de parler de quelque chose.
Hier soir, vers 20h30, je suis sortie. C'est drôle, mais j'ai subitement eu envie de regarder le monde. Ceux qui m'entourent. Ceux que je croise dans la rue sans les regarder. Ces gens qui vivent sur la même planète que moi. Le soleil s'est couché étrangement tôt, à ce moment-là. Le trottoir était mouillé, puisqu'arrosé un peu avant mon passage. J'étais seule, dans la rue. L'endroit était désert. J'ai cru être seule au monde. Tout ce que j'entendais, c'étaient mes Converses crisser sur le sol. "Relève les pieds !" m'aurait hurlé maman si elle avait été avec moi. Pour quoi faire ? Ne pas bousiller les semelles de mes shoes ? Aucune inquiétude à avoir. Elles sont déjà bousillées.
Car, oui, à force de traîner la misère, d'avoir les plus mauvaises pensées collées à ses god', ça use. Forcément. Pis... à ce moment-là, je me suis demandé "Putain d'merde, idiote, mais qu'est-ce que t'as fait de ta vie ?". Bah rien, justement. Je n'ai jamais rien fait pour que les choses changent. Et, à force, ma life n'est devenue qu'un tas de problèmes. S'enchaînent les engueulades parentales, la difficulté à me concentrer sur mon devoir de maths, les sourires de moins en moins visibles, la mâchoire qui fait mal à force de ne plus rire, les yeux complètement aveuglés par la poussière, le no-life sur Internet... Oui, oui. Ça, c'est ma vie. Ce tas de 'blèmes sans consistance.
Et, bien sûr, il y a Paola. Ma petite soeur. Moi, cachée derrière la porte, assise sur le sol froid, en train d'écouter mon père critiquer ma mère dans tout ce qu'elle fait. Paola, qui débarque. S'approche de moi à pas feutrés. Pour me murmurer à l'oreille combien elle m'aime, moi, la grande soeur. Mais oui, moi aussi, je t'aime Paola. Mais tu sais, y a que se le dire qui pourrait changer les choses. Et y a que ça de vrai. Parce que tu dis que tu m'aimes, mais je sais que c'est pas vrai. Moi, je te dis que je t'aime. Mais ça sonne tellement faux que ça en devient vrai. Tu vois, petite soeur, je sais exactement ce que signifie ce pauvre regard affligé. Ça te fait peur, hein ? Oui. Ben moi aussi, ça me fait peur. Parce qu'on sait toutes les deux que y a pire que la mort, c'est ça ? Ben oui.
Mes pensées se résument à ça :
satisfaction. Ennui. Agacement. Colère. Tristesse.
Un sourire. Un soupir. Un grondement. Un hurlement. Du sang.
... Une larme ...
J'ai peur. Si tu savais... J'ai froid. Si tu le voyais... J'ai mal. Si seulement tu savais...
Tu l'entends ? Tu ne l'entends pas ? Tu l'entends, ce cri des profondeurs du néant ? Ce hurlement d'effroi, qui appelle à l'aide sans que personne ne l'entende ? Même pas celle qui le pousse ? Non. Je ne l'entends pas, ce cri venu du fin fond de mes entrailles. Je ne la sens pas, cette douleur acerbe et fulgurante, qui me brûle la langue comme un baiser d'acide. Je ne les vois pas venir, ces larmes amères de souffrance. Non. En fait, je fais semblant de ne pas l'entendre, ce hurlement d'agonie. Je fais semblant de ne pas la sentir, cette douleur déchirante. Je fais semblant de ne pas les voir, ces larmes disgracieuses et viles.
J'ai peur, tu vois. J'ai peur. Du monde qui m'entoure, des gens qui peuvent me voir. J'ai peur de la foule, j'ai peur d'être présente. J'ai peur d'être montrée du doigt, j'ai peur d'être regardée, j'ai peur qu'on parle de moi.
J'ai peur de vous.
De toi.
"Ils sont partout, les gens. Tu ne peux pas les éviter." m'a dit maman.
Je te jure, maman, je te jure, j'essaie. J'essaie de ne pas les éviter, mais j'essaie aussi de pas les regarder. C'est trop dur, tu vois, c'est trop dur. Ils sont bien là, les gens, ils sont bien là, mes amis, elle est bien là, ma famille.
T'es bien là, toi.
Mais j'ai peur des gens. J'ai peur de mes amis. J'ai peur de ma famille.
J'ai peur de toi.
J'ai peur de regarder le monde.
J'ai peur de comprendre la vérité.
J'ai peur de comprendre que j'ai touché juste.
S'il vous plaît, arrêtez de me contrôler, de me dire ce que je dois faire, ce qui est pour mon bien. Arrêtez d'essayer de me consoler. Parce que ça marche pas, tu vois, ça marche pas.
J'ai peur.
J'ai trop peur.